Mali. Bamako : Introduction
- 3 mars 2017
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Dernière mise à jour : 25 nov. 2021
"Toubabou... Toubabou... nana !" Une petite phrase que les enfants maliens nous adressent en permanence lorsqu’on est Blanc, Toubabou donc. Nana : viens me voir ! Beaucoup n'osent pas approcher, pris entre le doute quant à notre réaction, la crainte de se faire disputer par les adultes et l'envie de nous toucher. Les plus petits n'ont pas cette attirance. Peu habitués désormais à voir des Blancs, ils hurlent de peur quand ils nous voient malgré nos sourires penauds.

Une semaine de travail à Bamako au mois de novembre 2014...
Une semaine de pollution... due notamment à la circulation des Sotramas (des C25 hors d'âge, peints en vert, décorés d’une multitude de motifs et transformés en minibus de transport en commun), des Jakarta (petites motos chinoises qui pullulent comme des moustiques) et des gros 4X4 des expats. Pollution des pots d'échappement mêlée à la pollution au charbon de bois des petits réchauds de cuisine traditionnels et à celle occasionnée par les feux de poubelles, la nuit venue, sur les hauteurs de la ville (le ramassage et le traitement des déchets sont des problèmes majeurs dans la capitale malienne).
Une semaine de poussière... de terre sableuse rouge, la latérite, si caractéristique du Mandé tout proche. Il faut s'imaginer Bamako, cette capitale de près de deux millions d'habitants, traversée par seulement quelques routes bitumées, dénommées "goudron". Toutes les artères qui partent de ces goudrons et desservent les quartiers sont en fait des sentiers de terre battue, pas même damés. Les emprunter en voiture et c'est le tassement de vertèbres assuré. Mais surtout cela soulève des nuages de poussière rouge qui colle à la peau sous la chaleur et nous rend moins blancs d'un coup :-). Pour s'en protéger, les fabricants de bazins travaillent sous des bâches plastiques. On entend que le tact-tac-tac du marteau frappant le tissu, reproduit à l'infini, toute la journée.
Une semaine de légèreté... malgré la menace terroriste au Nord et le virus Ebola qui tentait une percée par le Sud, nous n'avons rencontré que des sourires chaleureux et des "Bienvenus au Mali, Bienvenus chez nous". La poignée de main traditionnelle est désormais suivie par tous d'un lavage à la solution hydro-alcoolique (mes empreintes digitales ont failli fondre à force) ou plus simplement a été remplacée par le "Ebola Shake" (shake poing contre poing, à l'américaine).
Dans cette société restée très traditionnelle, l'accueil de l'autre demeure sacré. Tout y est, en outre, un peu mystique, irrationnel. Au pays des fétiches et des hommes pouvant se transformer en animaux (observez bien ces derniers, parfois d'un signe de la tête ou de la patte, ils vous font savoir qu'en fait ils sont humains tout comme vous), l’émotion l’emporte sur la raison.
Une semaine de retombée en enfance... une excursion à Siby, à une heure de route au sud de Bamako, en pleine région du Mandé, nous a permis de découvrir la brousse et son calme entrecoupé uniquement par les cris des calaos et des singes. Vaste brousse, luxuriante en ce mois de novembre, peuplée de manguiers géants et de karité qui forment, vu d'en haut, un tableau pointilliste d'un vert intense à perte de vue (montez pour cela jusqu'à l'arche Kamadjan qui domine la vallée).

A l'ombre de ces arbres hors normes, de petites cases circulaires en terre aux toits de paille. Kirikou n'est pas loin. Notez celles décorées de points blancs, ils indiquent qu'une jeune mariée y habite, et celles très colorées, un peu excentrées du village, sont réservées aux jeunes hommes célibataires et donc un peu turbulents.
Cette vaste plaine du Mandé est dominée par le Plateau Mandingue, culminant à plus de 1 000m, qui relie le fleuve Niger à la frontière Sénégalaise.
De retour à Bamako, nos amis maliens nous ont amenés boire un verre dans un maquis. Les maquis sont des petits bars de plein air qui poussent comme des champignons à Bamako et où jouent des groupes de musique de 21h à minuit. Il est mal vu pour une Malienne d'y aller seule. Présentés comme des lieux de perdition par les journaux traditionnels, celui où nous sommes allés, le Zira, était en fait très bonne ambiance et le public hétéroclite sur la piste de danse. La bière Castel est dans toutes les mains. Pour les musulmans ou ceux qui, comme moi, n'aiment pas la bière, on nous propose une "sucrerie" (comprenez un coca). J'avais l'impression d'avoir six ans :-) Le tout rythmé par de la bonne musique et là on révise ses connaissances en instruments de musique. Alors, le balafon, le kora...

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